Que sont mes amis devenus

Que j'avais de si près tenus

Et tant aimé ?

Rutebeuf

J’émerge lentement de cette lecture, hébété d’empathie, l’émotion encore intacte et le cœur serré, ne voulant pas laisser filer trop vite le trouble éprouvé. Il me faut quelques minutes encore pour ravaler mes larmes, de celles dont on ne peut véritablement déterminer si elles sont de bonheur ou de tristesse, ou les deux à la fois.

Peut-on tomber amoureux d’un livre ? Il semble que oui, surtout si celui-ci vous redonne l’impression d’être vivant, ici et maintenant.

Mes amis devenus… de quoi s’agit-il ?

A priori une simple histoire d’amis qui se retrouvent quarante ans après leur adolescence pour un week-end sur l’île d’Ouessant. Trois hommes, Jean, Lours’ et Sylvère, deux femmes, Mara et Luce.

Débarqué la veille, Sylvère Benoît, l’écrivain, guette leur arrivée par bateau sur le port. Alors que le lecteur s’attend à vivre d’emblée les retrouvailles, le narrateur se remémore sa prime enfance, ses plus lointains souven...

15/04/2017

Il y a des auteurs autour desquels on tourne un moment avant d’oser plonger dans leur lecture. C’est le cas de Ron Rash dont j’ai découvert l’existence dans La grande librairie, il y a quelques mois.

J’y suis finalement venu au terme d’un processus qui me mena, auparavant, à lire et apprécier des ouvrages de Bill Bryson Promenons-nous dans les bois, Glendon Swarthout Bénis soient les enfants et les bêtes et Le tireur, Dan O’Brien Wild Idea ou encore Carson McCullers The ballad of the sad cafe. Des romans assez différents mais qui se situent au cœur des Etats-Unis dans des coins oubliés, habités par des personnages que j’ai assez peu rencontré au fil de mes lectures.

Là-dessus je tombe sur un recueil de nouvelles de Ron Rash Incandescences dont je lis rapidement deux courtes histoires qui me séduisent et m’amènent à vouloir essayer une œuvre plus charpentée, Une terre d’ombre, donc.

Vous dire d’emblée que le prologue vous harponne au terme de ses quatre pages. Mais que l’énigme qu’il pose...

14/11/2016

Sous l'avalanche d’œuvres anglo-saxonnes convenues qui envahissent les rayons des librairies il existe des pépites venues de pays que l'on aurait assurément du mal à situer avec précision sur un planisphère, dénichées par des maisons d'éditions aventureuses.

Un de ces petits trésors nous vient d'Estonie sous la plume de son auteur le plus emblématique, véritable icone littéraire là-bas : Andrus Kivirähk.

Personnellement le désir impérieux de lire un jour un livre estonien ne m'avait, jusqu'alors jamais rattrapé.

Parallèlement, ma carte des nationalités des auteurs lus restait invariablement bloquée sur 34 (http://www.livraddict.com/profil/au-vrai-chic-litterere/?goto=carte), c'est pourquoi la découverte de cet ouvrage me titilla d'abord pour la très mauvaise raison qu'il me permettrait, si je le lisais, d'augmenter d'une unité ce chiffre, reflet de ma vanité littéraire que je souhaite tant faire passer pour défricheuse et téméraire.

Or il existe de bien meilleures raisons d'ouvrir ce...

30/09/2016

Benjamin Renner est le lauréat du Prix Jeunesse du festival d'Angoulême 2016 pour "Le Grand Méchant Renard". Ce coup de projecteur lui a permis d'être repéré par le grand public. Cet album a donc beaucoup été chroniqué.

Il a néanmoins commis un premier album, en 2011, intitulé "Un bébé à livrer", resté jusqu'alors un peu confidentiel, et que le prix obtenu à Angoulême remet en lumière... et c'est tant mieux.

L'histoire : Comme chacun le sait, en Alsace, les cigognes déposent les bébés sur le seuil de la maison de leurs futurs parents... mais c'est aussi le cas à (en ?, j'ai jamais su le fin mot de l'histoire) Avignon. La cigogne de l'histoire s'étant cassé une aile, confie son précieux paquetage à un canard, un cochon et un lapin qui passaient par là avec pour mission de livrer le marmot dans la cité des Papes...

Voilà résumées là les toutes premières des 290 pages de l'ouvrage... que l'on résumera comme une folle course-poursuite, aussi pathét...

15/09/2016

Chaque année vers la mi-septembre, alors que l'on déplore, déjà, le prochain départ de l'été, je savoure un plaisir littéraire précieux... un volume de la Trilogie de Corfou de Gerald Durrell. Et, cette année, j'ai lu l'ultime tome de la série : Le jardin des dieux.

Un court résumé de l'histoire...

Au mitan des années 30, pour fuir la grisaille de la vie anglaise, la famille Durrell, presque sur un coup de tête, s'installe sur l'île de Corfou. Il y a là la Mère (dont on n'apprendra jamais le prénom), Larry, l'aîné, qui se pique de devenir écrivain et de retrouver un mari à sa mère, puis, Leslie, essentiellement passionné par les armes à feu, Margo, jeune fille pas tout à fait finie qui se rêve plus belle qu'elle n'est en vérité et Gerald, le benjamin, qui découvre la nature grouillante de cette île, se passionne pour l'entomologie et dissèque tout autant les comportements familiaux excentriques que ceux des  insectes, serpents et autres oiseaux qu'il débusque au cours de s...

14/08/2016

C'est un hangar au milieu d'un hameau vosgien, tout autour des pâturages, des animaux, des vaches, des chevreuils, un âne, des chevaux comtois, des hirondelles et vu par intermittence, un renard, plus loin au bas de la côte coule un canal.

Ce hangar abrite depuis quelques jours l'activité de La maison qui chemine, l'entreprise de Pauline et Romain, les constructeurs de la tiny house qui accueillera bientôt le Vrai chic littérère.

J'y débarque mardi dernier pour participer (modestement, connaissant mes capacités manuelles) à la construction de ma librairie. Et voilà ce que je découvre...

Ma remorque, encore toute nue. Pauline et Romain sont allés la chercher la semaine précédente en Hollande. Ils m'explique qu'elle est renforcée de partout, surélevée (par rapport à la leur) et qu'on va, dès le lendemain s'occuper d'y installer le plancher. 

Ensuite ils me font visiter le reste de l'atelier.

Le plancher encore au sol.

Un des panneaux de bois bakélisé qui serviront de protection entre les...

05/08/2016

Il est quelquefois des manières très singulières de découvrir un auteur. 

Vous faites, un soir, un rapide commentaire sur un message d'un ami sur Facebook. Bon. Le lendemain vous recevez une notification de cet ami qui indique qu'il a cité votre nom sur un message. OK. Il y indique que vous devriez rencontrer la personne qui a écrit le commentaire suivant, un certain "Hmbert Humblart" ou un truc comme ça. Très bien. A priori je n'aime pas trop qu'on me dise ce que je dois faire, mais l'animal à piqué ma curiosité... je me ballade sur la page de "HH". Qui me laisse perplexe. Le pseudo semble évoquer un auteur, qui se cache, et qui renvoie pour plus de précisions, à une autre page, celle d'une certaine Anne Percin, sans doute la copine, ou la femme de l'auteur en question. Je mets un temps infini (au mois 10 minutes, mais sur FB c'est un temps iiiiinfini) à comprendre que je m'égare et que HH est Anne Percin ! Que ce n'est pas un mais une auteure ! dont je découvre, dans l'après...

28/07/2016

Une nouvelle proposition nordique, danoise cette fois, et qui s'adresse aussi bien aux enfants, qu'aux ados et aux adultes.

Je lis régulièrement, pour mon plaisir, des ouvrages destinés aux enfants, d'abord parce que j'aime leur lire de bonnes histoires mais aussi parce qu'il s'agit d'un territoire très dynamique peuplé d'auteurs et d'illustrateurs inventifs et rafraîchissants. 

Comme beaucoup je connaissais Jørn Riel par ses nombreux racontars arctiques, qui s'adressent plutôt aux adultes - il faut dire qu'ça picole dru et qu'cà jacasse forfant - mais je n'avais jamais abordé le versant jeunesse de son oeuvre. 

Comment vous faire comprendre ce que j'ai ressenti ? 

Pour les quadragénaires de mon espèce, imaginez "Les cités d'or" hop... chez les Inuit... C'est à peu près çà ! Non, mieux, imaginez le plaisir que vous preniez à regarder "Les cités d'or" et dîtes-vous que que vous le retrouverez 30 ans plus tard en lisant cette saga (au sens islandais du terme, pas au sens grille tél...

Voici un livre dont j'ai pris connaissance à l'écoute d'une émission radiophonique. L'animatrice le chroniquait avec une telle passion, que, je me précipitais pour le commander dans la foulée. 

A sa réception je m'installais dans un parc et débutais la lecture. Dès le premier paragraphe je fus happé et ma lecture ne cessa qu'à l'arrivée de la nuit.

Raconter l'histoire par le menu serait fastidieuse et disons-le absolument impossible. Mais essayer d'en proposer un court résumé est de l'ordre du possible. 

Imaginez une auteure jeunesse, Laura Lumikko, mondialement connue (il n'est pas interdit de songer à J.K. Rowling), installée dans un petit village de Finlande, mystérieuse pour chacun tant on ne sait rien de sa vie. Au début des années 70, elle crée la Société de Littérature de Jäniksenselkä (le nom du village), destinée à former de jeunes auteurs, dès l'enfance. 

Aujourd'hui composée de neuf membres adultes tous devenus auteurs à succès, cette société v...

25/06/2016

Je suis tombé tout à fait par hasard sur ce livre en déambulant dans les allées de ma médiathèque. Interpellé par le titre du bouquin mais ne connaissant pas l'auteur (même, si au final, je connaissais l'existence de plusieurs de ses autres ouvrages car elle a beaucoup co-écrit notamment avec  Gérard Garouste, Marianne Denicourt ou Marceline Loridan-Ivens), je l'emprunte. Guidé par la curiosité d'en savoir plus sur cet épisode de la troisième république, quasi mythique, que fut la mort et les funérailles nationales de l'"Ecrivain" français.

Le travail de Judith Perrignon est immense et exemplaire. En moins de 250 pages elle nous embarque dans tous les lieux qui ont compté durant cet épisode... de la chambre d'Hugo où on assiste à ses derniers instants, au Panthéon qui, à cette occasion, retrouva sa destination de mausolée accueillant nos hommes illustres, en passant par les ligues révolutionnaires dont les membres ont bénéficié de l'amnistie négociée par Hugo lui-même lorqu'il...

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